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Nos émotions en psychologie ?

 


En psychologie, nos émotions ont été largement discutées . Bon nombre d’auteurs ont proposé des définitions pour expliquer ce phénomène.

La psychologie, à travers ces différentes spécialités (psychologie sociale, psychologie développementale ou génétique, psychologie cognitive, psychologie clinique, psychopathologie), a tenté de comprendre à quoi nous servent nos émotions.

Parce que l’émotion est un concept éclaté et difficile à définir, je pars de la définition proposée par le dictionnaire de la psychologie, qui me parait être une définition holistique.

En psychologie, nos émotions sont donc définies comme une «Réaction globale, intense et brève de l’organisme à une situation inattendue, accompagnée d’un état affectif de tonalité pénible ou agréable». Cette première phrase de la définition décrit l’émotion comme étant constituée de deux composantes, l’une affective, subjective, l’autre physique, objective.

Les émotions occupent une place fondamentale en psychologie car elles sont étroitement liées aux besoins, à la motivation et peuvent être à l’origine de dysfonctionnements affectifs. La participation cognitive dans l’expression émotionnelle, sur l’aspect psychologique – les attentes du sujet, l’aspect agréable ou désagréable d’un événement, l’évaluation consciente de la situation – lors d’une émotion ressentie est importante.

Si l’on considère que les émotions se définissent aussi par la manifestation de modifications physiologiques, il semblerait alors, que certains états émotionnels s’expriment sans que nous en soyons conscient. La conscience ne serait pas un préalable à l’expression émotionnelle selon certains théoriciens en psychologie.

Certaines de nos émotions seraient déjà inscrites (programmées) en nous. Tandis que d’autres seraient apprises tout au long de notre vie. Cette distinction émane de travaux chez le nouveau-né, entre autres, ayant permis d’observer que certaines peurs arrivent plus tard dans le développement. L’association entre certains stimuli phobiques et le danger seraient préparée chez l’être humain.

On distingue aujourd’hui deux grandes catégories d’émotions en psychologie. L’une correspond aux émotions «discrètes» et  l’autre aux émotions «continues». Ainsi, la quasi – totalité des spécialistes en psychologie considèrent qu’il existe un nombre déterminé d’émotions discrètes, appelées de « base » ou «  primaires ». Ces dernières ont été classées et définies à partir de photographies de visages, de dessins, de tonalités vocales, ayant 9 caractéristiques dont l’universalité des événements déclencheurs, l’universalité des signaux émotionnels, leur déclenchement rapide (Ekman) et dépendent de circuits neuronaux spécifiques (système limbique) et sont des événements éprouvés très top dans la vie (A. Damasio).

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Certaines émotions sont clairement identifiées dans cette catégorie telles que la joie, la peur, la tristesse. Ces émotions ne rendent pas compte de toutes les réactions émotionnelles. Les émotions « secondaires » rendraient compte des émotions éprouvées à l’âge adulte et sous-tendues par d’autres structures cérébrales ( et cortex orbito-frontaux et somatosensoriels).

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Nos ressentis émotionnels peuvent être générés par un stimulus extérieur (perception d’une image ou d’un son ou même d’une odeur, d’une sensation tactile, perception d’une situation dans laquelle nous nous trouvons) et/ou par un stimulus intérieur (une idée, une pensée, une situation imaginée).

Les travaux ayant pour objets d’études les processus émotionnels humains se sont, pour la grande majorité d’entre eux, intéressés aux phénomènes consécutifs à des stimulations exogènes (présentation d’images, de sons, de musiques, d’expressions émotionnelles faciales, de voix enregistrées) plutôt qu’aux stimulations endogènes. Ainsi, nous communiquons et arrivons à vivre en société grâce à la capacité (empathie) que nous avons de ressentir et d’exprimer nos états émotionnels (triste, joie, peur). Lorsque nous entendons un individu pleurer ou rire, nous sommes réceptifs et partageons son état émotionnel qu’il nous exprime, sa joie ou sa tristesse. Ne dit-on pas d’un rire qu’il est communicatif……ou d’un sanglot qu’il nous « a fendu le cœur ».

Il en est de même pour la peur lorsque nous jouons à nous faire peur en criant subitement, on fait également crier celui ou celle qui est avec nous sur le moment.

 Ses fonctions adaptatives ne font aujourd’hui aucun doute, notamment sur plan social. La société a pris conscience de l’importance de pouvoir exprimer ses ressentis (réseaux sociaux utilisant les smileys, onomatopées, interjections).

Quant aux spécialistes (dont je suis) en neurosciences (psychologues, neurologues, entre autres), ils ont permis d’établir, aujourd’hui, que l’expression et la perception d’émotions sont des processus indispensables à une bonne adaptation à l’environnement. En cas de lésions cérébrales, notamment pré-frontales ou amygdaliennes, ces processus peuvent être altérés, se traduisant par une incapacité à déchiffrer une émotion affichée sur un visage ou par une incapacité à exprimer une quelconque émotion de façon adaptée (car trop expansif ou absence totale de ressenti émotionnel = Hypo émotivité). Ces troubles s’observent dans certains syndromes (Syndrome Cluver –Bucy, Syndrome frontal, entre autres). Ce qui peut donner lieux à de sérieuses difficultés dans la vie de tous les jours et des conséquences notoires sur l’adaptation sociale, sur la capacité à prendre des décisions adaptées, à communiquer avec autrui, à garder un travail, ou bien même à maintenir une vie familiale. Les personnes atteintes de ces troubles éprouvent une réelle frustration quotidienne et une anxiété majeure car leurs difficultés sont encore mâles reconnues par les instituions et leur perte d’autonomie n’est pas encore reconnue par l’ensemble des institutions de notre société. Il est donc essentiel que les professionnels que nous sommes, sachions les identifier et communiquer autour de ces troubles.

Prendre une décision nécessite des capacités d’évaluation risques/bénéfices à moyen-long terme. Et c’est cette évaluation à moyen-long terme qui fait défaut car elle implique l’inhibition de comportements impulsifs à court-terme. Prendre une décision adaptée c’est aussi être capable d’effectuer un choix en fonction de notre expérience antérieure que nous avons mémorisé et qui s’active (de manière automatique et inconsciente) lorsqu’un choix s’impose à nous. Ces expériences antérieures mémorisées par notre corps s’appelle aussi « marqueurs somatiques ». Afin de rendre à César ce qui appartient à César, cette notion a été développée par A. Damasio dont la réputation n’est plus à faire en la matière. C’est également à lui que nous devons une grande partie de nos connaissances actuelles sur les liens existants entre émotion et cognition. Il est donc évident que ces œuvres font partie de mes suggestions de lecture.

Prendre une décision adaptée n’est pas un processus mathématique dénué de toute émotion, bien au contraire. Nos plus grands dirigeants ont eu pris des décisions qui impliquaient des facteurs émotionnels que le commun des mortels est loin d’imaginer. L’être humain, quelque soit le poste qu’il occupe, à haute responsabilité ou non, prend des décisions sous-tendues par ses émotions, justement parce qu’il est humain. N’oubliez jamais cela lorsque vous êtes impressionné par la perspective de postuler à un poste, de passer un examen oral, de faire vos premiers pas dans une relation professionnelle ayant un enjeu important.

Finalement, quelque soit la spécialité en psychologie sous laquelle nos émotions sont étudiées, l’aspect vital dans notre capacité d’adaptation à notre environnement se révèle être indiscutable. Les différentes sous disciplines de la psychologie sont toutes d’accord sur ce fait.

Si cet article a nourrit votre curiosité sur ce sujet, dans une autre page de mon site « Conseils de lecture » dans la section « Envie de compléter votre liste d’ouvrages« , je vous propose des idées de lectures pour approfondir le sujet (dans les différentes spécialités de la psychologie).

 

 

Auteur: Baya Sebiane

Date de création: 11 Août 2013

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