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La Recherche en psychologie cognitive ?

Comment percevoir la recherche ? Qu’est-ce que la Recherche ?

LA RECHERCHE FONDAMENTALE

Pour comprendre la recherche scientifique, il faut au préalable comprendre son histoire. Comme il est nécessaire de connaître l’histoire d’un pays pour comprendre les évènements présents qui s’y déroulent, la recherche scientifique, quelque soit les domaines, mérite que l’on prenne le temps d’explorer son passé, sa genèse afin d’en saisir tous ses tenants et ses aboutissants actuels.

La recherche en psychologie

histoire-psychologie-

Psychologie

 Histoire de la psychologie  (en quelques mots)

 La psychologie est née de la philosophie et s’est démarquée de cette dernière en se disant que si l’on voulait mieux comprendre les comportements humains, il était temps d’adopter  une méthodologie avec, comme en philosophie, des questions d’une part, et des procédures d’études et d’observation pour obtenir des éléments de réponses observables reproductibles ou pas d’autre part. De ces observations analysées, naissent des hypothèses qui sont vérifiées ou pas. De là, la psychologie étudie différents phénomènes du comportement humain et se subdivise ainsi selon ces champs d’investigation: la psychopathologie du développement ou génétique pour l’étude des comportements humains inhérent au développement de l’individu selon ses stades de vie (petite enfance, enfance, adolescence, adulte et 3ème ou 4ème âge), la psychologie sociale ou des organisations pour l’étude des comportements humains en société et en groupe, la psychologie clinique pour l’étude des comportements humains à travers ses mécanismes psychiques, la psychopathologie pour l’étude des comportements humains sous le prisme pathologique psychiques et la psychologie cognitive pour l’étude des activités cognitives (gnosie = connaissance). Depuis, la psychologie a bien évolué et s’est progressivement ouvertes à d’autres sciences telles que la neurologie, la sociologie, la musicologie, la médecine… C’est cette dernière spécialité que j’ai décidé d’aborder ici.

La recherche fondamentale contemporaine en psychologie cognitive

Qu’est – ce que la Recherche ? La question est d’autant plus pertinente en psychologie cognitive. Cette dernière a connu une évolution dans sa pensée, ou plutôt devrais-je dire dans ses modes de pensée. Depuis ces dix dernières années (environ), on observe un changement dans le regard qu’elle porte sur les phénomènes qu’elle étudie.

  • Genèse de la psychologie cognitive (en quelques mots)
Histoire de la Psychologie cognitive

Ouvrage

 Alors que dans les années 60-70, la psychologie cognitive se démarquait de ses sœurs (psychologie sociale, psychologie clinique, la psychopathologie et psychologie  développementale ou génétique) car elle se revendiquait plus scientifique que les autres: les objets d’études (les activités cognitives telles que la mémoire, la perception, le  langage,  les praxies, les activités instrumentale, le jugement, la prise de décision, l’abstraction) étaient abordés selon une méthodologie rigoureuse semblable à la méthodologie  des sciences  dites dures uniquement pour eux-même. Ainsi, les mécanismes qui sous-tendent ces activités cognitives étaient volontairement mis de côté (boîte noire). La boite  noire se référait  symboliquement à ce qui se passait dans notre cerveau (mécanismes ou processus psychiques et neurophysiologiques) et qui n’étaient donc pas observables.  STERN_-_Ch1 

 La psychologie se base selon un raisonnement cartésien hypothético-déductif. Si ….., alors ….

  • La psychologie cognitive contemporaine

La psychologie cognitive aujourd’hui aborde le traitement de l’information (processus principalement étudié) selon une approche nouvelle, l’approche incarnée. Les connaisseurs diront que cela fait maintenant plusieurs années que cette approche se développe. Cependant, cette nouvelle approche n’est pas encore enseignée dans toute les universités et reste une approche marginale et peu connue.

L’approche incarnée postule que la mémorisation d’une information implique son traitement perceptif lui-même associé à une action. Derrière chaque information verbale se cache un ancrage physique et corporelle. Ainsi, toutes les opérations cognitives sont fondamentalement enracinées dans les états actuels de notre corps et dans les systèmes sensori-moteurs de notre cerveau.

Avec cette approche contemporaine, la psychologie s’inscrit pleinement dans son époque où les phénomènes tendent à ne plus être étudiés pour eux-même mais dans un ensemble composé de plusieurs facettes indissociables les unes des autres, interconnectées les unes aux autres.

Cela dit, la méthodologie reste respectueuse de paradigmes expérimentaux emprunts à la recherche scientifique classique, mettant les sujets (personnes) dans des conditions qu’ils ne rencontrent jamais dans leur vie quotidienne pour étudier des phénomènes utilisés dans la vie quotidienne. N’est-ce pas là un paradoxe intéressant ?

Comment concilier écologie et rigueur scientifique en recherche fondamentale en psychologie cognitive ?

Voilà une science qui s’intéresse à des mécanismes inhérents à notre quotidien dans des contextes jamais rencontrés. La question est alors : comment concilier écologie et science ? En effet, au nom d’une rigueur scientifique, tous les éléments contextuels et distracteurs sont isolés afin de s’assurer que les phénomènes qui se produisent ne seront due qu’à la condition mise en place. L’idée, lorsqu’on étudie un phénomène, est de comprendre comment se phénomène peut-il se produire. Pour cela, nous isolons tous les facteurs potentiels et tentons de n’en laisser qu’un seul. Le but est de voir si ce phénomène se produit bien grâce ou à cause de ce facteur et non d’un autre. Ce qui nous permet de construire ainsi artificiellement, une condition expérimentale que l’on compare avec une situation contrôle dans laquelle le facteur en question ne figurera pas. Mon explication volontairement schématique et simpliste vous épargne bien entendu toute la difficulté réelle à mettre en place cela, car des variables parasites sont toujours présentes et il est en générale très difficile d’être certain que le résultat observé n’est due qu’au facteur contrôlé.

Ce paradoxe ne suffirait-il pas à remettre en question ce procédé que l’on utilise depuis maintenant des décennies en recherche fondamentale en psychologie et qui ne fonctionne pas si bien que ça finalement. En effet, est-on certain que ce que l’on observe est bien due à tel facteur(s) et pas un autre ? La notion de validité scientifique ne serait – elle pas dans cette mesure à revoir dans la mesure où dès le départ, le contexte n’est pas ressemblant au contexte quotidien des sujets puisque construit artificiellement ?

Eléments de réponse

  • Sciences dures (méthodologie hypothético-déductive) Vs Sciences Humaines (méthodologie hypothético-déductive) : problème de méthode

Sciences dures Vs Sciences humaines Ici, contrairement aux sciences dures, la psychologie qui appartient aux sciences humaines est rappelons – le l’étude des processus cognitifs humains.  Un objet d’étude  dépendant d’une multitude de facteurs contextuels et environnementaux, physiques et physiologiques, émotionnels. Cette multiplicités  de facteurs implique de fait une  multitude de réponses possibles à une seule et unique question. D’où l’existence de plusieurs écoles de pensées en  psychologie cognitive spécifiquement et plus généralement en sciences humaines (sociologie, philosophie, économie, sciences politiques).  La  recherche en sciences dures (mathématiques, physique, chimie), amène une seule réponse à une seule question.

Finalement, nous pourrions nous demander pourquoi utiliser une méthode recherche psychologique (un ensemble de méthodes) basées sur un raisonnement initialement destiné à étudier des phénomènes physiques, non humains pour étudier des phénomènes humains ? La transposition d’un procédé adapté pour un objet d’étude ayant des propriétés spécifiques ne peut pas s’utiliser pour un autre objet d’études ayant d’autres propriétés spécifiques. Je veux éclairer la pièce obscure dans laquelle je suis afin de pouvoir lire mon livre. Mon ampoule à vice a grillé. Comme pour la recherche qui a pour but finale d’apporter des réponses à mes questions, je veux éclairer ma pièce pour pouvoir lire mon livre. La méthode que j’utilisait était l’éclairage électrique via le placement d’une ampoule dans son emplacement propre qui n’accueil que des ampoules à vice. Je n’ai pas d’ampoule à vice sous la main mais des ampoules à douille et des bougies. Mes bougies à l’image de la philosophie ancienne, me paraissent moins efficaces en termes de qualité d’éclairage que l »éclairage électrique. Je me borne donc à utiliser mes ampoules à douille qui pourtant de rentreront pas dans l’orifice prévue pour accueillir des ampoules à vice. Finalement, mon réel objectif est-il d’éclairer ma pièce ou de lire mon livre ? Lire mon livre. Deux possibilités s’offrent à moi:

1/ Continuer dans mon raisonnement qui n’aboutit pas un degré de satisfaction très élevé

2/ Adapter ma méthode à mon objet d’étude final (lire mon livre, l’éclairage de ma pièce n’étant qu’un moyen)

Quel est le but finale de la recherche en psychologie cognitive fondamentale ? Comprendre le fonctionnement humain à travers ses mécanismes et processus cognitifs afin d’utiliser les réponses obtenues dans des programmes d’innovation et thérapeutiques pour améliorer le quotidien. Deux possibilités:

1/ Continuer dans un raisonnement qui n’aboutit pas un degré de satisfaction très élevé

2/ Adapter ma méthode à mon objet d’étude (comprendre le fonctionnement d’un processus spécifique qui aboutit à un comportement spécifique, comprendre le fonctionnement cognitif général n’étant qu’un moyen)

LA RECHERCHE CLINIQUE

Objets d’étude

La recherche clinique se différencie de la recherche fondamentale principalement et en premier lieu par son état d’esprit et son regard. Tandis que la recherche fondamentale se préoccupe des processus et de leur fonctionnement, la recherche clinique s’intéresse elle aux individus qui les produisent et aux conditions « humaines » dans lesquels ils se produisent. La recherche clinique met le sujet au cœur de son plan d’étude et de sa réflexion de chercheur. Elle est d’ailleurs souvent pratiquée par des praticiens qui familiers du terrain clinique, prennent en compte de paramètres individuels propres à chaque individu que la recherche fondamentale n’appréhende pas ou prou.

La méthode

De cette distinction va découler une différence de méthode. Si la recherche fondamentale utilise des paradigmes expérimentaux utilisables qu’en laboratoire, la recherche clinique met en place des protocole écologiques, adaptables à la situation « naturelle » (ou quotidienne) du sujet qui participe à l’étude. Cette différence installe de fait un vrai écart dans les conditions de mise en place du contexte théorique légitimant le paradigme choisi. Il s’agit d’une différence également fondamentale entre ces deux approche de la recherche en psychologie car elle impacte également sur les résultats obtenus et sur leurs interprétations.

Les résultats et conclusions

Ce qui est un élément explicatif des divergentes observations effectuées en psychologie de la musique, par exemple, où les résultats obtenus sur des études de cas varient singulièrement de ceux obtenus en études de groupe. Les conclusions quant à savoir si, par exemple, la mémoire musicale serait plus résistante aux effets de l’âge ou de la maladie de type démentielle sur le déclin cognitif, que la mémoire verbale ne sont pas homogènes. Les études de cas auront tendance à diriger les chercheurs vers une préservation (Piano et M.A. ; Karsten.Finke) plus longue de la mémoire musicale comparativement à la mémoire verbale, tandisque les études de groupes seront plus hétérogènes dans leurs résultats et peuvent amener les chercheurs vers une conclusion contraire, à savoir que la mémoire musicale ne serait pas plus épargnée par l’âge ou la maladie que la mémoire verbale. Pour plus de détails, voir revues de littérature (Groussard et al., 2014; Baird et al., 2005; Samson et al., 2009).

 

Avantages et limites

Bien sur, il ne s’agit pas de dire qu’une recherche est mieux que l’autre car les deux approches possèdent leurs avantages et leurs limites.

Par exemple, la recherche fondamentale, a l’avantage d’être pointilleuse sur les conditions d’observation des phénomènes étudiés.

La recherche clinique a l’avantage d’être soucieuse du contexte écologique dans lequel elle étudie ses sujets.

Auteur: Baya Sebiane

Date de création: 06 juin 2015

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